Allocution du 1er août à Veyrier

1 Aug, 2011

Mesdames,
Messieurs,
Chers amis veyrites,

C’est avec émotion que j’ai l’honneur d’ouvrir la partie officielle de notre Fête nationale. Soyez tous les bienvenus à Veyrier pour commémorer les valeurs de notre patrie.

La Suisse est un havre de paix, un exemple de démocratie, un pays prospère où l’on vit, ma foi, plutôt bien à l’heure de la crise économique. La Suisse est multiple, les sensibilités et les aspirations des citoyens sont diverses, mais les valeurs communes. La Confédération helvétique s’est bâtie sur le respect de la singularité des individus et des communautés, sur le respect de la liberté de chacun ainsi que sur l’esprit de solidarité. Depuis 1848, lorsqu’elle a hissé ces valeurs jusque dans le préambule de sa constitution, elle incarne ce formidable projet de société que nous célébrons ce soir.

C’est une chance d’être un jeune, en Suisse, en 2011. Haut niveau de vie, sécurité, grande qualité de formation dans les hautes écoles et universités, bonnes perspectives d’avenir, vastes accès à la culture, garantie de larges droits civiques ; tout nous est donné pour favoriser notre libre épanouissement. Nous sommes conscients des acquis des générations précédentes et reconnaissants envers ceux qui, à travers les époques, nous ont permis d’en bénéficier aujourd’hui. Nous tenons aux valeurs qui ont permis ce succès et sommes fiers de les recevoir en héritage pour les porter à notre tour.

Le Pacte fédéral, le préambule de notre constitution ainsi que notre devise «un pour tous, tous pour un» rappellent un devoir de solidarité. La solidarité est le ciment de la cohésion sociale et nationale, condition sine qua non pour assurer le bon fonctionnement de notre pays. Pour la renforcer l’engagement de chacun – et des jeunes en particulier – est une nécessité.

S’engager, c’est le premier pas nécessaire pour aimer. Les jeunes de ce pays aiment la Suisse, ils veulent aimer la Suisse; aussi les jeunes veulent s’engager car sans engagement ils ne sauraient en témoigner. Les jeunes veulent servir, se rendre utiles et œuvrer pour le maintien d’une société juste, libre, solidaire. Le service à la collectivité doit être repensé et revalorisé car il est la concrétisation dans les faits de notre idéal de solidarité.

La Suisse est une production commune, une «opera aperta» pour reprendre le mot d’Umberto Eco dont nous serions tous co-auteurs. Chacun a le devoir moral d’y contribuer dans la mesure de ses moyens. Notre pays n’a de sens qu’avec la participation de chacun. Ainsi, ce n’est pas seulement le 1er août que l’on se doit d’honorer la Suisse mais tout au long de l’année en nous engageant dans les faits.

Je cède maintenant la parole à M. le Maire de Veyrier, Thomas Barth, et je souhaite à chacune et à chacun une belle cérémonie.

Ce discours a été prononcé à l’occasion du 1er août 2011 dans la commune de Veyrier, Genève. Le texte est paru dans Carnet de notes, le blog tdg d’Alexandre Jöhl